Témoignage

capture (2)   « A DIEU » PAULE !

Lundi 31 décembre, Aux obsèques de Paule BERGERON,  Daniel,  a relaté la vie de sa maman de tout son cœur rempli de peine, spontanément, sans avoir rien préparé. Un moment très émouvant souligné par le père Claude GRAS.

Christine, sous le coup de l’émotion n’a pu retrouver le texte qu’elle avait préparé et qu’elle voulait lire pour sa maman …

le voici maintenant:

« – Maman, si Daniel et moi sommes devenus les personnes que les gens connaissent aujourd’hui, c’est grâce à toi et à papa qui nous avaient donné de l’amour et transmis le goût du travail et ses valeurs;La vie dure, difficile, le travail, tu les a connus presque dès ta naissance.

En janvier 1921 tu es née à la Villedieu dans une famille d’agriculteurs fermiers, vivant en autarcie comme beaucoup à la sortie de la grande guerre.Ta vie rude et difficile dès l’enfance , bien que baignée d’amour fut assez courte: En tant qu’aînée, tu participeras à l’éducation de tes 8 frères et sœurs, tu étais même leur deuxième maman me disait Roger, le plus jeune, ici présent… Tu t’occupais des tâches ménagères et tu aidais à la ferme.De ce fait, tu as dû renoncer à une scolarité normale: tu ne fréquentais l’école que de Toussaint à Pâques…les travaux de la ferme l’obligeaient.

Tu avais 18 ans quand la guerre est venue te voler les joies et l’insouciance de la jeunesse.Tu allais faire des saisons: ramasser des fraises à Carpentras,faire les vendanges, ramasser le lichens sur les arbres pour apporter un revenu supplémentaire à tes parents.Ces saisons te permettaient aussi d’oublier les tracas familiaux et les obligations de la ferme;tu as gardé de ces moments que certains considéraient comme éreintants, d’excellents souvenirs que tu aimais nous rappeler. C’était pour toi des pauses de récréations

Puis tu as rencontré papa chez tes parents alors qu’il venait rendre visite à son copain de chantier de jeunesse: ton frère Marius, il a croisé ton regard...Ton mariage t’a conduit à Ste Enimie. Là encore une vie difficile où tu as dû cohabiter avec tes beaux-parents et t’adapter à une vie totalement différente à celle que tu avais connue.Durant cette période tu as mis au monde Daniel, mon grand frère.

Plus tard, voulant accéder à une vie plus facile, tu as encouragé papa à passer le concours de facteur. Il a été nommé à Villefort où il est parti chercher un logement …en vélo…et tu as déménagé avec mari et enfant en moto !

Là tu es devenu une mère à part entière et tu as cherché un travail: aucun ne te rebutait: faire des ménages ou assister papa qui distillait à 5 h du matin pendant ses congés…

En 1952, tu me donnes le jour; papa fut rapidement nommé à Ste Enimie et nous nous sommes tous installés dans la maison familiale sur les bords du Tarn.En 1956, malgré vos petits moyens, tu as incité papa à transformer l’étable en magasin. Là toujours volontaire et courageuse, malgré l’incertitude de la réussite, tu t’es investie et épanouie dans ton commerce que tu n’as quitté qu’à l’âge de 77 ans.

Ce goût du commerce qui était encore en toi, maman, tu me l’as transmis…En 2013, lorsque j’ai repris ton magasin, c’était pour avoir une activité en été mais aussi pour perpétuer et partager la passion qui t’habitait et pour te replonger dans cette atmosphère que tu aimais. D’ailleurs, le 1er été où Claude est tombé malade, tu as repris le flambeau avec aisance à 91 ans!

Malgré ton commerce, ton jardin,la porte de la maison comme celle de ton frigo nous était toujours ouverte à ton fils Daniel, ta belle-fille Marylène, à moi et à tous tes petits-enfants.Pour les Santrimiols, tu resteras Mme Bergeron, une figure du village.Assise sur le muret devant le magasin, tu aimais discuter avec les locaux et les touristes sans oublier de me signaler l’approche d’un client potentiel et manger une glace apportée avec amour par ton petit-fils Morgan.

Daniel et moi allons être privés de toi bien sûr, et en plus des conversations en

patois, ta 1 ère langue maternelle que tu n’utilisait que pour nous deux et tes
frères.

Merci Maman pour ta générosité et ton Amour.Merci Maman pour nous avoir transmis le goût du travail et les vraies valeurs de la vie et de la famille.

Maman nous te garderons à jamais et pour toujours dans nos cœurs

«Allé chal (qal) y ana ! » –

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